• IRTS Poitiers en grève : « Il y a urgence ! »

La rentrée pour les étudiants de l’IRTS Poitou-Charentes a été vite ressentie comme une douche froide. En effet, ce mardi 10 septembre, les étudiants ont appris que le décret datant de 2005 était élargi aux établissement publics.

Ce nouvel article est un véritable danger pour la qualité de formation des futurs travailleurs sociaux, même si la gratification des stagiaires est une bonne chose. A l’heure actuelle, les structures associatives ou privées petite enfance ne peuvent souvent pas prendre de stagiaires gratifiables  pour des raisons budgétaires. Ces derniers pouvaient donc espérer une place en établissement public. Avec ce nouveau décret, ce n’est plus possible, les structures publiques préférant souvent annuler l’arrivée d’un stagiaire.

Dans la nouvelle promotion EJE, 16 étudiants sur 24 sont gratifiables, pour les 2e année 7 sur 27 et les 3année 5 sur 25 !  Tous les stages actuellement sont en stand-by, ce qui retarde bien évidemment la formation. Certains stages d’AS, par exemple, ont dû être annulés à cause de cette réforme, alors qu’ils avaient déjà débuté !

L’intérêt premier des formations du travail social est de proposer une alternance théorie/pratique ; comme le dit une formatrice de l’IRTS de Poitiers, si celle-ci n’est possible que pour les bénéficiaires de Pôle-Emploi (qui, eux, ne sont pas gratifiables), il faut limiter l’entrée en formation qu’à ces seuls étudiants et interdire l’accès aux autres… Est-ce vraiment ce que nous souhaitons ?

Alors aujourd’hui il y a urgence,  les travailleurs sociaux, professionnels de terrain, formateurs, étudiants, IRTS… doivent se mobiliser afin d’aménager cette réforme qui met toute une formation en péril !

Les étudiants de l’IRTS Poitou-Charentes ont créé dès mardi  un groupe sur Facebook© : « Collectif étudiant concernant la gratification des stagiaires » afin de réunir le maximum de personnes mobilisées ; deux jours après 351 personnes s’étaient déjà inscrites !

Aristophane disait que « Former les hommes, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. » Espérons que le feu va prendre… car c’est urgent.

Emilie Jamet-Boussau